Communautaires

Mourir ensemble

L’histoire humaine nous relate des récits d’amitié et de fraternité irréelles qui surpassent la fraternité sanguine, des amis qui se soutiennent, qui s’assistent et qui se sacrifient l’un pour l’autre et qui partagent les bons et les pénibles moments de la vie, des amis fidèles qui vont jusqu’à mettre leurs vies en péril pour leurs amis. Mais ce genre d’amitié existe-il encore de nos jours où l’intérêt gouverne la relation entre les gens? L’amitié entre les défunts Blaha et Ben Aissa nous confirme que oui.

Les défunts Blaha et Ben Aissa sont des amis de longue date, ils se sont connus à l’université d’Oran où ils ont suivi la même formation. Ils quittent ensemble l’Algérie pour Chicago, puis ils immigrent pour le Canada où ils  s’installent à Montréal. Ils habitent, le même quartier, à St-Léonard, ils se marient et fondent chacun une famille, Blaha aura deux enfants.

Dimanche dernier ils décident de profiter de la belle journée, ils organisent une sortie en famille pour passer la journée au parc des chutes Dorwin, la sortie tourne rapidement au cauchemar.

Ils entreprennent une marche dans les sentiers du parc après avoir partagé un repas B.B.Q. Blaha, Ben Aissa et les enfants empruntent par inadvertance un sentier interdit, car bordé de sections du lac réputées très dangereuses et mortelles. Personne n’avait l’intention de se baigner, mais l’enfant du défunt Blaha échappe à l’attention des adultes et se retrouve vite dans l’eau en difficulté. Comment en est-il arrivé là? Personne ne le sait avec certitude. L’enfant a-t-il glissé ou trébuché? S’est-il aventuré dans l’eau? C’est le seul détail que l’enquête policière n’a pu confirmer.

Les défunts plongent sans hésiter l’un après l’autre, le premier pour sauver l’enfant le deuxième pour sauver l’enfant et son ami, malheureusement tous n’arrivent pas à s’en sortir. Ils se débattent dans l’eau. Blaha et Ben Aissa réussissent à pousser l’enfant en direction de la rive, mais ils sont pris par le même engrenage, ils sont entraînés par de forts courants non visibles a l’œil du non-connaisseur. La fille de Blaha, impuissante, assiste à l’horreur, affolée elle crie au secours. Ses cris sont entendus par deux étudiants en techniques policières qui passaient par là et qui interviennent rapidement. L’enfant est sauvé et il s’en sort indemne. Ben Aissa est également sorti de l’eau mais ne tarde pas à rendre l’âme. Le corps de Blaha quant à lui n’est plus visible, il est récupéré 24h après suite à une longue recherche par des plongeurs professionnels.

Blaha et Ben Aissa nous quittent en héros. Ils ont vécu ensemble, ils meurent ensemble, ni les aléas de la vie, ni la mort n’ont réussi à les séparer.

 Nous appartenons à Allah et à lui nous reviendrons

Makhelouf Ait boudaoud

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