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UNE HISTOIRE D’AMOUR


  UNE HISTOIRE D’AMOUR

Par Abdelaziz Djaout
Aux amoureux qui,
malgré les difficultés du chemin et
les faiblesses du voyageur,
poursuivent la quête.

Il est un enseignement que l’on retrouve dans les trois religions abrahamiques et que la lumière prophétique de l’islam, Mohammed – Paix et Salut sur Lui -, exprime ainsi : « Il est dans le corps un morceau de chair qui, s’il est sain, rend tout le corps sain, et s’il se corrompt, le corps en entier se corrompt. Il s’agit du cœur ».

L’on peut, en effet, selon les lieux et les périodes, concevoir et vivre la foi musulmane de diverses façons et de mille manières. Son essence, pourtant, reste la même partout et en tout temps. C’est l’immense intérêt qu’elle porte au cœur de l’homme et à sa purification.

Ce cœur, en fait, représente à la fois sa demeure et sa finalité. Elle l’aime, elle lui apprend donc à aimer. Aussi le réveille-t-elle à la grande vérité de l’Être suprême, l’instruit de la réalité du monde et l’interpelle quant au sens de sa propre existence. Spirituellement parlant, elle le nourrit, l’éduque, le soigne… pour qu’il apprenne à son tour à aimer l’Unique et que, en retour, l’Unique l’aime davantage encore. La foi musulmane, une belle, une très belle histoire d’amour !

D’ailleurs, comme toute histoire d’amour, celle-ci est intime et exigeante. Elle se vit davantage qu’elle ne se raconte. Elle commence par un « Il était une fois » mémorable. Un moment, un incident, un évènement, une rencontre, une parole, et voilà la quête et le cheminement lancés sur la voie de l’Adoré. À tout jamais. Pour le meilleur et pour le pire.

D’un autre côté, cet amour est exigeant car, comme toute passion amoureuse, son feu ardent nécessite rappel, entretien, fidélité et sacrifice. Sans quoi, bien qu’il ne s’éteigne jamais complètement, ce feu, cette ardeur, faiblit, redevenant savoir abstrait d’une existence divine qui n’en a que faire. Perdant ainsi son aptitude à changer le cœur de l’homme et, par delà, les misères du monde. Une braise froide : si elle ne brûle point, elle ne réchauffe plus.

Montréal, l’an 2007. L’amour est toujours là, la passion plus ou moins vive. Mais elle se vit difficilement. D’une part, parce que, et justement, l’homme reste homme partout et en tout temps. Les passions, les désirs, les émotions, la négligence, l’oubli, en somme les faiblesses naturelles de la nature humaine, si elles se contrôlent certainement, ne disparaissent jamais totalement, définitivement.

Ensuite, ici en Occident cette fois, la représentation est parfois si dévalorisante, les discours de certains si déraisonnables, les rapports avec quelques autres si conflictuels, que la sérénité, cette clé indispensable de la méditation et du recueillement, se perd dans l’obscurité de l’inquiétude et de l’incompréhension, sinon de la peur et de la réaction. Un cœur triste quand il n’est pas agité.

Mais la foi résiste et n’abandonne pas le cœur à ses faiblesses et à ses soucis. De sa gracieuse et réconfortante main, elle essuie ses larmes, et, armée de la confiance qu’elle a dans la force éternelle du Bien-Aimé, elle revient à la charge, encore et encore, pour rappeler à l’inquiet qu’une résignation de sa part équivaudrait à une condamnation à mort dont la victime serait cet amour qui, en dépit de tout et de tous, lui procure la plus grande de ses fiertés et la plus profonde de ses joies.

Elle lui narre l’histoire de l’épreuve et comment celle-ci fut étroitement associée à l’histoire fabuleuse de la prophétie. Abraham, Moïse, Jésus, Mohammed – Paix et Bénédiction sur eux – n’ont-ils pas tous été de grands amoureux ? De même, n’ont-ils pas tous endurés les plus pénibles des épreuves ? Et ainsi, telle l’eau pure et douce d’une source bénite, la paix intérieure et la détermination de poursuivre le chemin rejaillissent au sein du cœur de l’homme, pour le rafraîchir, le purifier et le faire digne de Celui dont il désire si ardemment la rencontre.


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