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La tolérance à géométrie variable

La tolérance à géométrie variable

 

La campagne électorale tire à sa fin. Certes, il reste encore quelques jours pour sortir les indécis de leur torpeur, mais pour une majorité de québécois la vision est plus claire, c’est l’heure de la décision. Quels sont les faits marquants de cette campagne ?

Au-delà des petites chicanes habituelles entre souverainistes et fédéralistes, au-delà de la coalition incestueuse entre ces deux frères ennemis pour faire de l’ADQ le parti politique le plus vaudevillesque de toute l’hémisphère nord, force est de constater que se sont les concepts même de tolérance et de la liberté d’expression qui ont été sacrifiés sur l’autel du politically correct sans que personne ne crie au scandale. Nous vivons dans une société où la liberté d’expression est une valeur fondamentale. C’est cette même valeur qui a été utilisée ad libitum pour ridiculiser les « quelques excités » qui manifestaient dans les rues de Montréal contre la publication de caricatures jugées insultantes pour le prophète des musulmans. C’est cette même valeur qui a été érigée en barricade pour couper le chemin à ceux qui osaient dire que le débat sur les accommodements raisonnables est entrain de prendre les allures d’un discours haineux. Dans ces deux débats en particulier, de nombreux intellectuels québécois, notamment au sein des médias, sont devenus, comme par enchantement, des clones de Voltaire. La belle affaire !
Revenons maintenant à la campagne électorale. Durant cette dernière, trois candidats ont été vilipendés pour des propos jugés « inacceptables » par les saints patrons de la rectitude politique. Deux parmi ces trois ont été même disqualifiés comme de vulgaires voyous parce qu’ils ont osé dire clairement le fond de leur pensée. Bien évidement, toute vérité n’est pas bonne à dire, mais que reproche-t-on exactement à ces malheureux candidats, ont-ils réellement transgressé les règles de la bienséance, ont-ils réellement tenus des propos racistes ou sexiste ? Jugez-en vous-même : Jean François Plante, candidat de l’ADQ à Deux montagnes affirme sur sa radio diffusée sur le net que « Dans la fonction publique québécoise, il y a plus de femmes que d’hommes, et comme si ce n’était pas assez, on fait encore des mesures pour faire entrer davantage de femmes. On fait un genre d’apartheid où on bloque les hommes.» Il est tout de suite traité de sexiste, de phallocrate et même de quelqu’un qui voudrait remettre en question l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec. Pourtant elle tourne …

 

Jean François Plante s’est donné par la suite toutes les peines du monde pour expliquer que la féminisation de la fonction publique particulièrement au sein du secteur de l’Éducation était décriée par de nombreux spécialistes de la question. La cour était levée. Le candidat adéquiste dans Prévost, Christian Raymond déclare «Il faut encourager la natalité, sinon les ethnies vont nous envahir» On assiste à la même levée de boucliers, ô rage, ô douleur ! Comment peut-il dire une insanité pareille. Pourtant elle tourne encore … Ce qu’a dit Christian Raymond est une vérité indéniable. « Les Québécois de souches » sont dos au mur, ils n’ont aucune autre alternative que d’accroître leur natalité. Les néo québécois sont de plus en plus nombreux et ont une natalité presque galopante.

Au Québec comme partout au Canada les chiffres de la démographie ont la couleur de l’arc-en-ciel. Ils sont le fait, en grande partie des communautés culturelles. Robin Philpot un ancien directeur des communications à la Société Saint-Jean Baptiste, auteur du livre Le Référendum volé et candidat du PQ à dans Saint-Henri-Sainte-Anne, se retrouve dans le banc des accusés à cause d’un autre livre sur l’abominable génocide au Rwanda, « Ca ne s’est pas passé comme ça à Kigali ». On l’accuse d’avoir nié un abominable génocide, le massacre de 800 000 par des Hutus. Dans son livre Robin Philpot affirme surtout que «À date, il n’y a pas eu de preuve de planification, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de génocide.» Et pourtant elle tourne encore et encore …

Robin philpot ne fait que reproduire une idée très répandue qui stipule que « la première victime de la guerre est la vérité » Ce qui s’est passé au Rwanda est une tragédie inouïe. Ces milliers de femmes, d’enfants et d’hommes massacrés alors que le monde entier regardait ce spectacle macabre les deux doigts dans le nez est une honte pour toute l’humanité. Utiliser l’épouvantail de la vérité historique pour empêcher un intellectuel de jeter sa lumière sur des événements qui interpellent sa conscience est une menace grave à la liberté d’expression. Nous passons notre temps à traiter nos politiciens de tous les noms, menteurs, dissimulateurs, hypocrites, malhonnêtes, démagogues etc.

Nous sommes aussi très rapides à rappeler à l’ordre tous les francs-tireurs qui brisent le silence ambiant par leur franc-parler. Savons-nous vraiment ce que nous voulons, sommes-nous vraiment tolérants ? C’est donc l’incohérence de nos actes avec nos discours qui ne semble pas avoir de limites. C’est l’adhésion dogmatique à nos principes et à nos opinions qui, dans les faits, nous blesse et nous fragilise. Et c’est, à mon avis, seule une éthique de l’humilité qui pourrait nous sauver de l’abîme auquel ces vérités assassines nous prédestinent.

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